[Fic] Les crocs de l'hiver - Chapitre 3
Par Kristaline, lundi 21 août 2006 à 19:41 :: [Fanfictions] :: #185 :: rss
Titre: Les crocs de l'hiver - Chapitre 3 : Entre collègues...
Auteur: kristaline
Rating: PG-13
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Encore de nouvelles apparitions :P
Les secousses dues aux gels et dégels des routes* finit par s’infiltrer derrière les paupières de Fantasio. Dès le réveil, son premier réflexe fut de s’étirer les membres, mais il constata que ses mains étaient liés derrière son dos. Il avait chaud sous son anorak, qu’il portait encore sur lui. Puis, lorsqu’il retrouva totalement sa vue, il vit qu’il faisait encore nuit et qu’il était sur le siège arrière d’une voiture en mouvement, avec deux hommes à l’avant. Il fit le lien entre eux et l’étrange sommeil d’il y a des heures : il a été enlevé !
Le blond se racla la gorge avant de s’adresser aux inconnus.
- Dites, où allez-vous m’amener ?
Ils ne lui répondirent pas. Il se fâcha.
- La politesse, vous connaissez ?
Déjà, il n’en pouvait plus. Il avait soif, il avait faim, il avait chaud, il avait un besoin urgent de nicotine et, en plus, sa vessie commençait à être pleine. Il explosa.
- JE POURRAIS AU MOINS SAVOIR POURQUOI ?
Le passager se tourna vers le conducteur, qui hocha de la tête. Le copilote, un homme dans la quarantaine, se tourna maintenant vers Fantasio, les yeux brillant de sadisme. Le journaliste commença à s’inquiéter…
Un crissement de pneus et la voiture s’arrêta brusquement, projetant Fantasio en bas de la banquette. C’était ainsi que Spip se réveilla, écrasé par le poids du blond.
Entre temps, le passager se redressa sur son siège, tentant de reprendre son équilibre, alors que le conducteur fulmina devant cette voiture qui avait failli lui coûter un accident. Il n’hésita pas à sortir de l’automobile, où il se mit à insulter le conducteur.
- Êtes-vous aveugle ? On avait le droit de passer !
On voyait bien qu’il avait un drôle d’accent. Une voix de femme, si familière aux oreilles de Fantasio, lui répondit :
- Hé, il ne faut pas m’en vouloir. Mes pneus glissaient sur cette plaque de glace !
Seccotine ! Mais que faisait-elle au Canada ? Probablement en train de voler son reportage, comme toujours ! Un faible « Ik » tira le blond de ses pensées enrageantes.
C’était Spip, qui se dégagea maladroitement du corps qui le retenait prisonnier. Spip ! C’était sa chance ! Personne ne pouvait douter qu’il pouvait s’échapper. Il devait le faire immédiatement.
Afin d’éviter d’attirer l’attention du copilote, Fantasio fit un discret « Psit ! » à l’endroit de l’écureuil, espérant que ce dernier allait rompre ses liens.
- Pourquoi je serais embarqué avec toi ? remarqua Spip. Pour faire une jolie balade en voiture ?
Alors qu’il défit les entraves de corde, la dispute se dégénéra…
-xxx-
- Mais le feu de circulation ! protesta le conducteur. La lumière était rouge !
- Et moi, je vous dis que les plaques de glace sont dangereuses dans ce coin ! répliqua Seccotine.
- Et moi, je vous dis que c’est faux ! répondit le copilote.
- Mais que fais-tu là ? demanda l’autre ravisseur. Je t’avais dit de surveiller ce cré… !
Il s’interrompit, sachant qu’il allait commettre une faute.
- Surveiller quoi ? demanda la blondinette, méfiante.
- Euh… ce cré… mage ! reprit le conducteur. Ce crémage, oui ! Le crémage à gâteau de ma chère maman…
- Écoutez, je m’excuse de cet embarras. Si on peut oublier tout ça et…
- Oui, pourquoi pas ?
Soudain, un écureuil se hissa sur l’épaule de l’homme et prit le chapeau entre ses pattes.
- Hé ! réagit violement son porteur.
Mais le rongeur, agile, lui glissa entre les mains et tomba dans la neige. Seccotine le reconnut immédiatement ; oui, c’était bel et bien l’écureuil de Spirou. Mais où était Spirou ?
- Spip ?
Le dénommé en question relâcha le chapeau et grimpa le long du corps de la jeune femme.
- Secco ! Comment vas-tu, ma vieille ?
- C’est votre bestiole ? s’étonna le copilote.
- Hé ! se vexa Seccotine. Ce n’est pas une bestiole.
Un léger sourire effleura ses lèvres alors qu’elle caressa Spip, ancré sur son épaule.
- Tu m’as manqué, lui murmura-t-elle.
Elle espéra retrouver bientôt son maître afin de le lui rendre. En attendant, elle quitta les deux hommes et s’installa dans la voiture qu’elle avait louée. Elle ne fit que quelques kilomètres dans les rues lorsqu’elle entendit une voix si familière :
- Quand on parle du loup, on parle aussi de Seccotine.
Elle faillit perdre le contrôle de l’automobile, mais elle se ressaisit. Elle trouva rapidement un endroit où stationner la voiture, puis elle se retourna.
- Fantasio ?
-xxx-
Ce n’était pas facile pour lui de tout avouer. Il commença par son reportage avec Spirou, mais, à sa surprise, Seccotine lui répondit :
- Oh, j’en ai entendu parler. Mais, comme je suis en vacances, j’ai appris cela beaucoup plus tard.
Seccotine en vacances ? On aura tout vu !
- En vacances à Montréal ? s’étonna Fantasio.
Elle rigola quelques instants.
- Mais non, grand farceur. À Québec.
Québec ? La ville de Québec ? Était-ce là que ses ravisseurs devaient l’amener ? Parlant de ravisseurs, il continua son récit. Il n’avait pas le choix. Il n’était qu’un journaliste belge perdu au Québec, sans argent, sans tabac… et bientôt poursuivi par ceux à qui il leur avait échappé. Bien qu’il la détestait, elle était la seule qui pouvait le secourir.
- Tu es vraiment dans le trouble, constata Seccotine à la fin de son histoire.
- Maintenant, tu comprends pourquoi je me suis faufilé dans ta voiture… Mais, attend une minute ! Que faisais-tu là-bas à… 3 heures du matin ? lui demanda-t-il après avoir jeté un coup d’œil au cadran numérique du véhicule.
- Heure de fermeture des bars.
Cela n’avait rien de surprenant venant de sa part.
- Écoute, je crois qu’on a tous besoin d’un peu de repos, ajouta-t-elle en voyant Spip ronfler sur le siège voisin à elle. J’ai une chambre d’hôtel qui nous attends. Et, après s’être reposé, nous pourrons tenter de rejoindre Spirou.
Il acquiesça. Tant pis pour le tabac, les magasins étaient fermés. Il devra patienter…
-xxx-
- Je prends le lit !
- Les femmes d'abord !
- Le divan n'est pas conçu pour moi, alors j'aimerais bien profiter un peu de confort pour une fois !
Réveillé depuis peu, Spip ne se préoccupa pas de ces disputes de colocation et se fit une place sur l’oreiller, où il se roula en boule.
- Ce n’est pas une pantoufle, mais c’est mieux que rien.
- D’accord, je prends le divan, se plia Fantasio. Mais promet-moi de m’amener à la tabagie la plus proche dès demain.
- Aucun problème, sourit Seccotine, victorieuse.
Alors qu’elle se changea dans la salle de bain, le blond prit quelques draps sur le lit, puis se débarrassa de tous ses vêtements, à l’exception de ses caleçons. Alors qu’il tenta de s’installer le plus confortablement possible sur le lit de fortune, la jeune femme revint, vêtue de vêtements amples.
- Hé ! Mais tu as volé mes draps !
- Tu ne vas tout de même pas refuser de partager les draps avec le bon vieux Fantasio ? se moqua-t-il.
Soupirant, elle se glissa sous les couvertures à son tour.
(*) Les trous sur les routes, on appelle cela des nids de poule 

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